Il était une fois … La LJT : Travail de rue au Letten en 93-95 L'antenne romande du Letten histoire retour actualité accueil prévention alcool drogue soins organigramme situation littérature liens |
|
Notre projet de base consiste (.) à permettre de passer d’une simple relation à une relation dite de confiance entre chaque partenaire. C’est un projet important et même si la notion de relation de confiance paraît banale dans la vie de tous les jours, dans le cadre de l’accompagnement de personnes toxicomanes entre autres, nous considérons que c’est un projet professionnel important, parfois délicat à construire, mais surtout fondamental pour la réussite d’un parcours. C’est dans cet esprit que nous sommes également partis il y a un an et demi au Letten, c’est dans ce sens que nous continuons d’envisager “la rencontre et la relation”. La quête de confiance est exigeante pour tout le monde. Pour eux, pour nous, et certainement pour vous et c’est franchement bien ainsi. Rechercher la confiance, c’est prendre un risque; celui d’être trahi, celui de se trahir et c’est cette prise de risque qui souvent peut faire avancer chacun. En plus, risquer la confiance, et c’est ce qui apparaît dans ce bulletin, ne peut pas se faire en parallèle avec une approche empreinte de méfiance, de peur, basée sur la pression et le chantage. Cela aussi c’est difficile pour chacun. F. Charmillot |
|
Le Matin - 1993 |
|
| Collaboration entre le centre Kontakt & Anlaufstelle et (la) LJT à Zürich. C'est avec des sentiments mitigés que je prenais part à une
première discussion avec les représentants de la LJT. Je
connaissais cette institution uniquement par son nom, par contre je connaissais
bien les prises de position des institutions travaillant dans le domaine
de la toxicomanie en suisse romande. Comme par exemple : Ces tâches pourraient faciliter le contact avec la clientèle
pour nos collègues. Bien que nous ne soyons pas au clair sur la
proportion de toxicomanes francophones fréquentant le Letten,
nous avons pu constater que tous les jours il était possible d'utiliser
nos maigres connaissances de français pour communiquer avec des
toxicomanes romands. Nous avons donc ensemble décidé de
tenter l'expérience d'une collaboration. Chris Eastus, pour les responsables du "K & A - Letten" Zürich. Depuis quelques mois, le Letten est fermé. Les informations nous venant de Doris Frei (Services sociaux de la Ville de Zurich) mettent plusieurs éléments en valeur. Tout d’abord, il est évident que le “Kreis 5” de Zurich où se trouve le Letten a retrouvé son calme. La population est contente, les visages plus ouverts et c’est tant mieux. Les toxicomanes s’habillent mieux pour être plus discrets et avoir ainsi moins d’ennuis, plus personne ne se shoote en public, le “trafic” qui s’est déplacé sur la Langstrasse et autour de l’Helvetiaplatz pose moins de problèmes que la scène ouverte. Tout ce qui va mieux est donc clair, visible, et pourrait nous faire oublier d’autres aspects. On ne peut passer sous silence que depuis la fermeture de la scène, il n’y a pas un toxicomane de moins en Suisse.
Pour ce qui est
du Jura, nous pouvons constater qu’une partie des personnes toxicomanes
qui vivaient autour du Letten font encore des visites éclairs
sur Zurich. Les enjeux du travail de rue Actuellement à Zurich, un service de 5 travailleurs de rue pour la Ville est en fonction. Les autorités politiques viennent de donner leur accord pour 5 autres postes de travail dans ce service. Les toxicomanes de la ville sont dans une situation que l’on peut qualifier “d’assez privilégiée”. Ils sont connus et reconnus, des Centres d’accueil et des lieux d’injection leur sont ouverts, beaucoup ont trouvé un poste de petit dealer pour remplacer les étrangers expulsés et finalement la répression ne les touche pas beaucoup sauf s’il leur venait à l’idée de recréer une scène ouverte. Pour la banlieue, pour la campagne et tous les autres toxicomanes qui venaient d’ailleurs, l’attitude répressive joue beaucoup plus son rôle de “Traque” pour pallier à la peur d’une nouvelle scène.
Mais il apparaît important qu’une réflexion
se fasse pour qu’un tel travail se réalise là où sont
aujourd’hui les lieux où vivent et se rencontrent les personnes
toxicomanes ceci au-delà des frontières cantonales. En tant que spectateur et parfois même acteur (30 journées sur la scène), je puis vous affirmer que le Letten, c’est terminé ! Les rails pour les travellings ont été retirés et le petit insert “à suivre” paru le 15 février s’est déjà estompé. Peu de personnes s’intéressent encore au cours de ce fleuve pas très tranquille. Le film ne sortira point. Les mille et un scénaristes qui ont essayé de décrire
et de modifier cette histoire n’y sont pas encore parvenus. La
version finale ne sortira pas. Des centaines de rushs avec des policiers
rambos à la poursuite de gansters-dealers et de gansters-consommateurs
ont été filmés mais peut-être parce que trop
criants de vérité, le grand réalisateur n’a
pas cessé de remettre “larmes” sur le métier.
Texte du Bulletin d'info de la LJT - Bilan du Letten - 1995 |
|