Il était une fois … La LJT :

En 2001, création du secteur soins. (d'après le bulletin d'infos N0 34 de la LJT)

histoire retour actualité accueil prévention alcool drogue soins organigramme situation littérature liens

Il est actuellement démontré que la prise en charge de personnes présentant un problème de dépendance repose sur une approche pluridisciplinaire. Depuis plusieurs années, dans le Jura, la LJT offre un bon suivi psycho-social, et une partie du corps médical assure la prescription de Méthadone, sans que le contact entre ces acteurs ne soit toujours suffisant. Une meilleure connaissance de l’outil que représente la substitution permet actuellement une approche plus personnalisée : choix du produit, type de contrat avec l’usager (haut ou bas seuil), durée du traitement, mesures d’accompagnement. L’ouverture d’un secteur de soin à la LJT avec l’engagement d’un médecin à temps partiel permet de répondre plus adéquatement à cette demande. Il ne s’agit pas de se substituer au réseau existant, qui inclut également les pharmacies, mais d’y introduire un maillon supplémentaire. 
L’offre du secteur de soins de la LJT, qui sera présentée prochainement à un groupe de travail constitué à l’instigation de MedRoTox peut comprendre :

  1. l’initiation de la substitution chez les usagers fréquentant actuellement la LJT
  2. la prise en charge, à la demande des médecins praticiens, de cas difficiles à gérer dans un cabinet privé (polytoxicomanies)
  3. les fins de cure de substitution nécessitant une surveillance particulièrement vigilante
  4. les liens avec les établissements hospitaliers, psychiatriques ou pénitentiaires
  5. l’information sur les nouveautés de la littérature spécialisée ou des congrès
  6. la disponibilité pour des questions particulières émanant des praticiens

Cette offre correspond certainement à un besoin et nous espérons qu’elle contribuera à améliorer l’accompagnement global des toxicomanes.

Dr. Jean Pierre Bernhardt

Le Docteur J.P. Bernhardt

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Antoinette Desfossés

 

Ouverture d'un secteur soins à la LJT

Pourquoi ?

Avec l'engagement d'un médecin à temps partiel, et l'ouverture d'un centre d'accueil à Porrentruy la Ligue élargit son offre et propose à ses usagers un espace autre dans l'écoute et la prise en compte globale de leur problématique.

En effet, bien des personnes que nous rencontrons à l'accueil souffrent de problèmes physiques divers liés soit directement à leur consommation, soit aux conséquences de la marginalisation… alimentation déficiente, problèmes financiers, minimisation de leur état et peur de consulter un médecin qui pourrait porter un jugement par rapport à leur mode de vie, etc

Notre objectif n'est bien sûr pas de se substituer au médecin traitant, mais d'intervenir auprès des usagers, qui, pour les raisons citées plus haut, ne bénéficient pas du système sanitaire dit "normal".

Comment ?

Notre travail se fait sur plusieurs axes :

    Prescription et distribution de la méthadone.

    Dès la mi-novembre, les usagers qui le souhaitent prendront leur traitement de substitution dans les centres d'accueil de la Ligue, soit à Delémont, soit à Porrentruy, tous les jours (y compris dimanches et fériés).
    Ceci devrait permettre à terme de garder un contact avec les personnes sous méthadone, d'adapter leur dosage rapidement sans qu'ils doivent obligatoirement passer par un rendez-vous chez leur médecin habituel et d'avoir surtout un regard plus pointu sur le quotidien de ces personnes : autres consommations, insertion sociale, travail, etc.
    Les personnes qui prennent des médicaments associés à la méthadone (neuroleptiques, tranquillisants ou autres) et qui ont parfois des difficultés à gérer des prises régulières pourront également bénéficier d'une distribution par nos soins, en collaboration avec leur psychiatre ou leur médecin traitant.

    Premiers soins et éducation à l'hygiène d'injection

    La plupart des usagers de drogues qui injectent rencontrent des problèmes liés à cette pratique. La mise à disposition de matériel à usage unique et les campagnes de prévention ont certes eu une incidence favorable sur la transmission du sida et des hépatites, mais il y a tout le reste : des abcès, parfois sur plusieurs endroits du corps et qui ne guérissent pas, faute de soins adéquats… des veines sclérosées qui obligent à se piquer dans des endroits douloureux ou dangereux… des problèmes alimentaires ou digestifs liés au mauvais état des dents…
    Tout cela fait partie de ce qui échappe au médecin traitant, car les usagers n'iront pas forcément consulter, par contre, en venant à l'accueil ou en parlant avec leur référent, ils acceptent généralement de voir notre médecin.
    De plus, c'est l'occasion pour nous d'enseigner un certain nombre de principes de base autour de l'injection : comment vous piquez-vous ? quelles mesures d'hygiène ? connaissez-vous les dangers autres que ceux qui sont liés au produit ? que faites-vous si vous êtes témoin d'une overdose ?
    L'utilisation de la seringue et de l'aiguille personnelles semble être assez largement acquis, mais d'autres mesures d'hygiène font cruellement défaut.
    Par ailleurs, l'injection ne se limite souvent pas à la seule héroïne : les comprimés pilés, la méthadone mélangée à du sirop et la cocaïne font des ravages sur des veines par ailleurs fragilisées parfois par des années d'injections multiquotidiennes.

    Prévention des hépatites chez les non-injecteurs

    Un des effets des campagnes de prévention autour du sida a été le déplacement du mode de consommation "injection" au mode "inhalation" (sniffing). Selon des enquêtes récentes, le nombre de sniffeurs est en augmentation, surtout chez les personnes en début de parcours qui préfèrent cette manière de consommer moins invasive et apparemment moins risquée.
    Et pourtant… L'utilisation d'une paille pour inhaler le produit (et le produit lui-même) provoquent des lésions des cloisons nasales, donc du sang qui se dépose sur la paille qui va être utilisée par plusieurs personnes à la suite, etc. La quantité de sang n'est pas suffisante, semble - t - il, pour transmettre le virus du sida, mais peut par contre véhiculer l'hépatite C.

    (Au sujet des hépatites, voir encadré)

    Nous avons là aussi un important travail d'éducation et de prévention à fournir. En parlant avec les usagers de leur mode de consommation et des choix qui l'ont motivé, outre les dangers directs liés au produit, nous avons l'occasion de leur expliquer comment éviter la contamination par le virus de l'hépatite C. Du matériel à usage unique, les "kits de sniffing" existent d'ailleurs et pourraient être mis à disposition des usagers au même titre que le matériel d'injection.

    Prise en charge globale de la personne

    Souvent désinsérées socialement, les personnes toxicomanes que nous suivons ont paradoxalement un nombre impressionnant d'"intervenants" qui gravitent autour d'elles: travailleurs sociaux, tuteurs, patronnage, médecin traitant, psychologue, aides familiales, dentiste, orientation professionnelle, chômage, pharmaciens… et nous.

La création du secteur soin devrait au bout du compte permettre une prise en charge la plus globale possible de l'usager, dans un même lieu et avec la même équipe… en lien et en collaboration avec les autres intervenants.

Antoinette Desfossés

 

 

    Dernière mise à jour le mercredi, 15 novembre, 2006 17:53