Il était une fois … La LJT : Camp de ski à Vercorin Retour Histoire actualité accueil prévention alcool drogue soins organigramme situation littérature liens |
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Il s’agit du troisième camp de ski organisé par la LJT. Les 2 premiers nous ont permis de comprendre les enjeux d’un camp, nous ont permis de préciser les objectifs, la gestion et l’organisation d’un tel camp. Nous nous approchons de Macolin et nous rencontrons M. Gilliéron afin de fixer avec lui les objectifs et envisageons sa participation au camp ainsi qu’une participation financière de “drogue ou sport”. |
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| CAMP DE SKI A VERCORIN DU 27.3. AU 1. 4. 94. |
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PARTICIPANTS 21 personnes, dont 4 travailleurs sociaux de la LJT, 4 enfants ou jeunes ados, 13 personnes toxicomanes dont 5 séropositifs. OBJECTIFS 1. Sortir les personnes de leur solitude et les confronter à des règles de vie communautaire. 2. Apprentissage de la gestion de la consommation des produits. 3. Découverte d’un rythme de vie quotidien. 4. Intégration sociale 5. Redécouverte de l’effort physique. 6. Découverte d’autres plaisirs que ceux liés à l’absorbtion de drogues. 7. Gestion de la vie quotidienne. COMMENTAIRES ET EVALUATION Un camp de ski pour l’intégration des personnes toxicomanes Aujourd’hui on a coutume de dire que , vu le nombre important
de personnes toxicomanes, il sera difficile de toutes les enfermer ou
de toutes les soigner... Apprendre à vivre avec eux, c’est d’abord leur permettre de découvrir que loisirs peut rimer avec plaisir; que la vie dans la société, la vie communautaire, si elle comprend des exigences, des règles, celle-ci a des effets secondaires positifs car elle permet d’introduire des notions de solidarité, d’écoute de l’autre; de définir sa place, son identité, de jouer un rôle, de valoriser des comportements, de dire ses émotions. Lorsque la LJT part en camp de ski avec une quinzaine d’usagers, dans un chalet perdu dans la montagne, où à partir de 17 h il n’y a plus que notre équipe, le chalet et la nature, immense, c’est une expérience qui permet aux personnes toxicomanes de rompre avec leur solitude. C’est une semaine où il faudra gérer sa consommation de produits psychotropes pour rester lucide afin de négocier des compromis, élaborer des règles communautaires, faire la cuisine, entretenir le chalet et surtout fournir un effort physique important pour skier la journée. L’intégration est le contraire de l’exclusion. Nous
tenons le pari que lutter contre l’exclusion des personnes toxicomanes
c’est de leur donner une première indication qu’il
leur est possible de vivre dans notre société, que laisser
la drogue de côté (qui isole et protège) peut être
un défi intéressant à relever pour nombre de personnes
toxicomanes. Défi relevé d’ailleurs par certains
participants puisque plusieurs s’inscrivent dans des programmes
de sevrage à l’issue du camp.
a) rencontre préalable Pour permettre à chacun de pouvoir se situer dans le projet du camp, pour préciser certaines règles de la vie de groupe, pour donner toutes les informations et répondre à toutes les questions des participants, nous avons organisé une rencontre quelques jours avant notre départ. Tout le monde pouvait ainsi partir informé au mieux de ce qui l’attend pendant ce camp, avoir pris connaissance des conditions de vie du chalet et être ainsi un maximum sécurisé face à ce voyage. Dette rencontre dura environ une heure et demie, l’information a passé sans problèmes, les questions furent nombreuses. Pour beaucoup c’est là à travers la description du lieu où nous nous rendions ainsi que l’ambiance qui régnait que le camp commençait déjà. C’est lors de cette rencontre que fut dans un premier temps posée
cette règle, à savoir que la fumée dans les dortoirs
serait strictement interdite et cela sans compromis possibles, à cause
des risques d’incendie et les désagréments pour les
autres per b) temps de gestion Pendant le camp, un temps de gestion était mis sur pied pour permettre à chacun de s’exprimer sur tous les éléments de la vie en commun. C’était l’occasion pour chacun, participant et accompagnant de faire le point. Des règles furent mises en place, ainsi que divers éléments d’organisation, tels que repas, commissions etc. Dans ces temps organisés avant le repas du soir, nous avons établi qu’il ne serait pas consommé d’alcool en solitaire, mais nous avons profité de ce moment pour mettre sur la table certains conflits ou problèmes à gérer en groupe, mettre également en valeur tout ce qui se passait bien dans le camp, parler de la journée passée et préparer celle du lendemain, discuter de qui viendrait skier ou pas et l’organisation qui en découlait. La participation de tous fut satisfaisante. c) après le camp Deux semaines après le camp, une soirée fut organisée
au centre à Delémont pour tous les participants. Ce temps
fort sympathique fut ponctué par la lecture des témoignages
qui avaient été préparés pour notre bulletin
d’information.Voir annexe. La gestion des produits Les donditions de participation au camp de ski de Vercorin stipulaient que la LJT entre en contact pour chaque participant avec son médecin et son pharmacien respectifs et que nous gérions leur consommation (benzodiazépines, neuroleptiques, méthadone, AZT) tout au long de la semaine. Ce contrat a été accepté sans problèmes pour tous. Distribution.- Elle s’est faite quotidiennement à la satisfaction générale chaque matin, excepté pour deux personnes recevant AZT et tranquilisants le soir. Une tablette de médicaments faisait cependant défaut (oubliée au centre à Delémont dans l’emballage de la pharmacie ...) qui a donné lieu à des négaciations avec la personne lésée pour gérer son manque jusqu’au retour à la normale de sa consommation. La gestion des produits “sauvages” mérite quelques
remarques: L’effort physique Le chalet éloigné des pistes et remontées mécaniques a permis à chacun d’effectuer au minimum une heure de marche pour rejoindre le groupe en haut des pistes pour le repas de midi. A part une personne qui n’a pas dépassé le stade des essais, tous les autres participants ont skié, consacrant une partie de leur temps à l’apprentissage de cette technique. Tous les niveaux étaient représentés, du non-skieur au compétiteur.Aucun accident n’est à signaler. Une matinée de randonnée à ski, 800 mètres env. de dénivellation en peaux de phoque a été mise sur pied. Une seule participante, débutante mais non-toxicomane y a pris part à l’encontre des trois autres personnes inscrites. Bien que très stimulés le jour précédent par cette perspective hors norme, elles n’ont pu prendre le départ par manque de sommeil et excès de boissons alcoolisées. L’angoisse de ne pas être à la hauteur de ce projet est une des causes très probable de la situation décrite précédemment Tâches quotidiennes Chaque participant connaissait avant le départ la liste des choses à faire avant le camp, des courses à la préparation des repas en passant par la vaisselle, l’entretien des locaux, couper du bois... faire du feu. Afin de responsabiliser chacun sans les infantiliser, certains participants ont dressé un tableau des nombreuses tâches à faire quotidiennement et ce pour toute la semaine.Ce tableau était une invitation à faire et non une imposition. Les membres de l’équipe éducative furent uniquement attentifs à ce que tous s’inscrivent sur ce tableau équitablement. Ces tâches, que l’on pourrait considérer comme des corvées, devinrent simplement des choses à faire où les participants pouvaient découvrir aussi du plaisir. La découverte du plaisir à faire des plats, même la vaisselle !Pour faire les commissions il fallait marcher, skier, remonter en téléski et redescendre au chalet en skiant avec 50 kilos de marchandises sur le dos. Vivre à 21 personnes dans un chalet demande quelque organisation et des règles dans la gestion des tâches. Cette expérience de vie communautaire fut une réussite. |
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